jeudi 20 janvier 2011

Lynch 65 ans aujourd'hui

Ceci implique que Elephant man a été réalisé (en grande partie) alors que Lynch avait 33 ans. Donc environ au milieu de son existence. Ce film et son montage portent-ils une grande humanité, appuyez vos dires sur les techniques vues en classe?

Trouvez-vous que Elephant man est éthique?

21 commentaires:

alinpi a dit…

Lynch 65 ans aujourd’hui.

Il est montré dans le film, Elephant Man, le mythe du couple antinomique. En effet, il y a une interaction notable entre les deux protagonistes principaux soit le Dr. Treves (homme civilisé et instruit) et John Merrick (jeune homme perçu comme une bête sauvage). Une amitié naît entre les deux et surtout une tolérance respectueuse est établit, ce qui fait du film de Lynch une œuvre remplit d’humanité. Le montage des scènes de champ contre champ des deux personnages est construit de manière progressive et très sobre. Au contraire, lorsque Bytes (méchant) est en relation avec John on sent une tension créé, au montage, par Lynch.

Charles "PogoFace" Carrière a dit…

Je crois que le film est en effet très éthique. Tout au long, nous nous identifions à cet homme soumit à cause de son apparence répugnante et nous pouvons comprendre dès le début que nous faisons face à quelque chose qui sort de l’ordinaire.

Le réalisateur nous créé des attentes quand le personnage d’Anthony Hopkins entre dans l’attraction des « freaks ». Il croise une dame effrayée, ensuite il voit le bonimenteur devant son stand avec l’écriteau « Elephant man » et celui ci explique aux policiers que c’est une créature. Nous remarquons plus tard qu’il appelle l’homme éléphant « Mon trésor ». Nous comprenons que cet homme ne l’appelle pas comme ceci parce que c’est mignon, mais bien parce que c’est sur ses malformation qu’il fait de l’argent. Nous voyons seulement une quinzaine de minutes plus tard l’envergure de la malformation du Elephant man, et je crois que nos attentes sont tout à fait satisfaites car nous pensons voir une certaine bête hideuse (avec évidemment une apparence semblable a celle d’un éléphant).

C’est à se moment là, où nous le voyons effrayé, que nous nous identifions, peut-être involontairement, à cet être repoussant à première vue. Nous nous mettons à sa place, nous pouvons ressentir ce qu’il pourrait ressentir, c’est-à-dire, le sentiment d’être une attraction effrayante. Évidemment, la question du bien ou du mal peut se poser très facilement dans ce film, veut-il mieux afficher l’Homme Éléphant comme étant une bête de cirque, ou bien l’amener en réclusion pour qu’il ait une chance de se construire un semblant de vie social avec les personnes de son entourage? La réponse peut en venir facilement.

Bref, avec l’aide de plusieurs plans subjectifs (comme par exemple le cloché d’une cathédrale qu’il voit de sa fenêtre d’hôpital ou bien quand il regarde la pièce de théâtre montré à l’écran en surimpression, laissant entrevoir ses réactions dans son visage) nous pouvons vite voir que l’Homme Éléphant a une belle vision des choses, qu’il est loin d’être un imbécile et qu’il n’a pas une once de méchanceté en lui.

alinpi a dit…

Le film propose aussi une approche très respectueuse de L’homme éléphant au début. Comme on le constate, Lynch a décidé de ne pas montrer les difformités de John lors de sa présentation aux autres médecins. Lynch propose un dévoilement plus progressif et lent pour ainsi permettre au spectateur de comprendre la dure vie que John a dû subir. Par la suite il dévoile le physique peu avantageux de l’homme mais étant donné que le spectateur était rendu au stade d’une identification secondaire, il éprouve de la compassion pour John.

Yannick Plourde a dit…

Le film Elephant Man de David Lynch présente indéniablement des caractéristiques de l’ordre de l’éthique, c’est-à-dire de la façon dont les gens devraient se comporter avec autrui, tant par son histoire que par son montage.

Tout d’abord, le récit et les personnages s’y prêtent, puisque d’une part le personnage principal est annoncé comme un monstre de foire, mais qu’au final, il se fait respecter par ses pairs. En effet, jusqu’au moment où le docteur accueille John, l’antipathie est prédominante et même le spectateur ne s’attend pas à apprécier la présence de l’homme éléphant qui se retrouve constamment persécuté et dévalorisé. La phase d’identification primaire met le spectateur au même niveau que les curieux au cirque : on craint le monstre, mais on cherche tout de même à s’en approcher. Malgré toutes les bonnes intentions que l’on pourrait avoir à ce moment-ci du film, il y a un certain dégoût qui vit en nous. Ce dégoût, né à cause de l’apparence du protagoniste, devient la base du message éthique que le film propose. La phase d’identification secondaire (et l’attachement envers cet homme étrange) apparaît à partir du moment où le monstre se met à parler. On comprend rapidement qu’il partage des valeurs et des facultés bel et bien humaines, on s’intéresse à son sort, on veut même qu’il reçoive le respect qu’il mérite. On aime d’autant plus que les personnages aillent dans le même sens que nos désirs.

Le montage du film expose lui aussi une forme d’humanisme et d’éthique. Parallèlement aux événements du récit, le montage rehausse les contrastes entre l’antipathie et l’amour que le spectateur porte au personnage de John Merrick. Alors que le personnage principal est une attraction de cirque et que les gens pataugent entre l’excitation de voir le monstre et l’ébranlement qu’il cause, le montage s’arrange pour faire vivre ces sentiments vécus par des personnages fictifs aux spectateurs en réduisant le plus possible l’apparition du monstre. Parfois, le réalisateur a choisi de montrer, lors de certains plans où l’horripilant personnage se trouvait dans le même lieu que d’autres, un autre personnage et de faire vivre l’homme éléphant par le hors-champ. Un autre exemple serait celui de la scène de la présentation du monstre aux autres médecins. John est dissimulé derrière un rideau, seule son ombre difforme permet de le discerner et à aucun moment durant l’intervention du docteur on ne voit directement les réactions du monstre. Même lorsque le rideau se ferme et que l’on pourrait avoir l’occasion de voir une partie de ce personnage, le raccord vers le plan a été fait au moment où le rideau masque son corps. Le réalisateur a donc cherché à cacher ce personnage le plus possible pour conserver l’idée d’un phénomène de foire, mais lorsqu’il se met à parler et que les spectateurs veulent l’apprécier, Lynch nous donne ce que l’on désire en ne dissimulant plus le personnage de John. Ainsi, il apparaît dans les prochains plans sans qu’il soit caché, comme si le message éthique que le réalisateur voulait passer était qu’il faut tout autant montrer les personnages laids puisqu’ils sont avant tout des êtres humains.

(518 mots)

alexandra a dit…

Pour répondre au commentaire de Charles, je crois que Lynch permet au spectateur de s’identifier à la fois à John Merrick ainsi qu’au Dr.Treves. En effet, le personnage d’Anthony Hopkins permet au spectateur de succomber au charme de l’homme animal en même temps que lui. Le spectateur voit l’évolution de Merrick à travers les exercices de diction et les tentatives d’approche du Dr. À son égard. On peut, en effet remarquer la présence du mythe du couple antinomique dans la relation entre le Docteur Treves et John Merrick mais on peut aussi la remarquer dans la fascination qu’à Mrs Kendal face à l’homme éléphant.

Antoine a dit…

Je crois que Elephant Man touche un sujet sensible de notre société c’est à dire, la différence et les jugements superficiels. Tout comme Eisenstein l’avait fait avec Octobre Lynch ne se cache pas pour émettre son opinion à travers son film. En fait grâce au montage dialectique son film est plus un véhicule pour son message qu’un masque qui cherche à dissimuler un message ou une idéologie qu’on essaye d’imposer. Elephant Man est un peu comme un miroir pour le spectateur. Le personnage auquel il serait éthique de s’identifier dans ce film est sans doute celui du bon docteur. Toutefois ce même personnage se pose une question cruciale dans le film. Il se demande si ce qu’il fait est éthique et bon pour John ce qui pousse le spectateur à une réflexion. Dans les films américains traditionnels la remise en question du spectateur est rare et c’est compréhensible. Dans l’idéologie Hollywoodienne le spectateur est un client qui faut mettre à l’aise et flatter dans le sens du poil. Cela n’empêche pas les réalisateurs américains de passer un message subtil ou partiellement voilé. Mais jamais ou très rarement on demande au spectateur de réfléchir. Ce film a une valeur éthique inestimable car, il parle de plusieurs problèmes reliés à la différence physique et aux handicaps. On parle ici de problèmes d’estime de soi, de culpabilité, d’exploitation du malheur des autres et surtout de l’identification à la race humaine car, certain personnage ne considère pas John Merrick comme une personne mais bien comme une propriété. Une fois tous ces problèmes moraux présentés on lance la balle au spectateur par l’intermédiaire de l’identification au bon personnage du film lorsqu’il se demande si son action est juste et morale. Bref, c’est un film qui fait réfléchir a cause de son montage et de la manipulation dont le spectateur est victime au niveau de son identification. (311 mots)

Michel Arsenault a dit…

Excellent point pour le couple antinomique civilisation/sauvagerie. La remarque d'Alain-Pier me fait même réaliser que Lynch a opéré un renversement de ce mythe avec John Merrick, c'est-à-dire que c'est maintenant de la sauvagerie qu'émerge la civilisation. En ce sens, la couronne britannique fait très bonne figure pour un film américain.

Nellie a dit…

Grande humanité oui, car l'humain est complexe et n'est pas que bonté. Je crois que faire preuve d'humanité est faire preuve de franchise façe à ce que nous sommes. Dans Elephant man, on montre le côté pervers de l'homme mais aussi son côté ampathique.
L’humanité est aussi faire preuve d’égard envers chaque être humain, le respect de la vie. Dans ce film, ce sujet est au cœur de l’histoire

‘’Je ne suis pas un animal ! Je suis un être humain ! Je suis... un homme !’’

Cette phrase que crie John à la foule d’hommes est un bon exemple du couple antinomique: sauvagerie versus civilisation. La limite entre l'homme et le monstre et ce qui caractérise vraiment l'homme et le monstre sont des questionnements bien présents dans ce film. Donc oui, il est question d'humanité.

Michel Arsenault a dit…

Ça en vient même à nier le mythe du populisme (tout ce qui vient du peuple est bon)

Chloé Rousseau-Duchesne a dit…

Bon, je vais un peu à l’encontre de ce qui a été dit plus tôt. Dans les faits, oui, je suis assez d’accord que le film a été fait d’une manière éthique et politiquement correcte face à l’histoire vraie assez terrible merci de John Merrick.

Mais en soit… Pourquoi avoir fait un film sur l’«homme-éléphant»? Pourquoi ce film a remporté un si grand succès? À mon avis, on joue beaucoup sur la curiosité naturelle de l’homme et son besoin indiscret de voir l’étrangeté. Sous cet angle de vu, je ne trouve pas Elephant Man éthique.

Lynch est, à la limite, un équivalent moderne de Bytes, qui construit un spectacle autour d’un phénomène de foire.

Et oui, on embarque. Comme tous ceux qui payent pour voir l’«homme éléphant» à la foire, on paye pour aller voir le film, on achète le DVD, on fait gagner des prix, on prend du temps pour… Faire nos voyeurs indiscrets sur la vie d’un humain, et s’apitoyer sur son sort. Éthiquement parlant, j’ai déjà vu mieux !!
(172 mots)

Frédéric a dit…

Tout comme dans les commentaires précédents, je trouve que Elephant Man renferme une très grande humanité. Tout au long du film, Lynch nous montre John comme un être humain et non comme une bête sauvage. De plus, John le dit clairement vers la fin du film. Je trouve que c’est un des moments très forts du film. Tout au long, nous nous étions attachés au personnage, et lorsqu’il prononce ses phrases, on peut facilement se mettre à sa place. Je trouve également très bien le fait qu’on nous montre John de manière graduelle. Je crois qu’en utilisant cette manière, nous sommes plus sensible à tout ce que John à vécu, c’est comme si on le découvrait peu à peu, tout en s’attachant à lui. De plus, tout comme le commentaire d’Antoine, c’est un sujet très présent dans notre société; la différence entre les êtres humains. Un message est en quelque sorte véhiculé à travers le film. Soit, nous sommes tous des êtres humains libres et égaux. Et la règle d’or; le respect. Bref, un film très humain! (177 mots)

Amanda a dit…

Pour reprendre la phrase de John Hurt qui est l’interprète de John Merrick dans le film : les gens ont peur de ce qu’ils ne comprennent pas. Décider de mettre à l’écran la vie de John Merrick est déjà un début de preuve de l’humanité de la part de Lynch. Le sujet abordé dans le film Elephant man n’est pas des plus faciles. La vie de ce pauvre homme n’a pas été une partie de plaisir. Décider de réaliser se film a l’âge de 33 ans, quand nous savons que Joseph Merrick était à peine plus jeune est une autre preuve d’humanité de la part de Lynch. Dans le film, le personnage de John Merrick est transcrit comme une personne tellement attachante que nous ne pouvons qu’éprouver de la pitié et de l’attachement pour lui et d’éprouver de dégout, de la haine et de la rancœur envers les personnes qui considèrent John comme n’étant pas une personne humaine, mais un animal de foire.

Au tout début du film, le spectateur s’attend déjà a voir John Merrick sachant déjà qu’il possède une difformité, mais Lynch nous fait attendre un bout de temps avant de vraiment pouvoir vraiment bien observer « L’homme Éléphant » donc suscite notre attention en repoussant le moment où nous pouvons voir complètement Merrick.
Il arrive parfois, la caméra prenait la place de John. C’est un mouvement de caméra qui est génial dans ce cas, car grâce a cela, Lynch nous fait sentir encore plus impliqué dans le film, cela renforce le sentiment d’empathie que nous éprouvons pour John.
Le spectateur s’identifie facilement a Merrick, car personne ne veut être mis a part à cause de notre apparence physique, différence culturel, nous voulons être accepté des autres. John ne désirait qu’être comme n’importe qui, c’est ce qui cause sa mort à la fin du film car voulant faire comme tout le monde il se couche dans son lit, mais à cause de sa difformité son corps ne peut le supporter.

Maxime Bisson a dit…

Le Film Elephant man, puisqu’il est basé sur une histoire vraie démontre que l’être humain est capable du meilleur comme du pire. Alors que le docteur tente du mieux qu’il peut d’aider John, Bytes son « propriétaire », n’espère que faire de l’argent avec lui et le maltraite, de la même manière, Jim, le portier de nuit, tentera de se servir de lui pour faire de l’argent. Pourtant, bien que John soit horriblement laid, celui-ci possède une grande bonté et ne veux de mal a personne, jamais il n’insultera ou ne tentera de blesser quelqu’un malgré ce qu’on lui a fait subir au cour de son existence.

Le docteur, quand a lui à aussi su faire preuve de bonté en recueillant le pauvre homme, bien qu’au début son seul but était de l’étudier. Il offrira à John ce dont celui-ci à toujours rêvé, c’est à dire être aimé et avoir des amis. Malgré tout le docteur se remettra en question à savoir si il ne se sert pas lui même de John afin d’obtenir du succès, mais selon moi, après tous les efforts que celui-ci a fait pour John, il n’a pas à se sentir mal pour le succès qu’il à obtenu, qui n’est rien comparé a ce qu’il a donné a John.

Pour ce qui est de du coté technique du film et de son réalisateur, Le film est réalisé afin de provoquer d’abord la peur et la méfiance envers John, par ex : on ne le voit que durant un très court moment au début, l’image se focalisant plutôt sur la réaction du docteur. Cette peur et méfiance se transformant progressivement en pitié lorsque John est installé dans sa chambre à l’hôpital ou on peut admirer les difformités du visage de John, puis finalement on fini par admirer le courage et la bonté du personnage.

Je crois que Elephant man est un film très éthique puisqu’il cherche a montré que les différences physiques ne reflète en rien la qualité d’une personne. De même qu’une personne normale peut être d’une cruauté incroyable, il n’y a qu’a penser au gens qui venait le torturer la nuit et se moquer de lui, il s’agissait de personnes à l’apparence normale, mais au cœur pourri.

Bref, Elephant man à été réalisé de façon à changer notre regard à mesure que le film avance, faisant passer le spectateur du dégoût initial à la compassion. (400 mots)

Amanda a dit…

oupsi 332 mots!

Julie R. Chinois a dit…

Le film est en effet beaucoup axé sur l’éthique. Juste le fait en tant que société d’accepter quelqu’un de différent cela repose sur la morale et l’éducation de notre société. Il y a aussi le fait d’exploiter quelqu’un « d’handicapé » qui porte à faire réflexion sur nos valeurs et notre bon jugement. Il y a donc une identification au bon de l’histoire c’est-à-dire le Dr. Treves. Celle-ci est volontaire dans la mesure de nos points en commun avec celui-ci.

Je crois que le fait de ne pas voir le visage le l’homme éléphant tout de suite nous crée un moment d’attente et d’intrigue. De plus, cela force le spectateur à s’imaginer l’homme vraiment atroce.

Le film provoque une autre sorte d’indentification, une sorte d’empathie envers un autre personnage étant John. On veut en tant que spectateur, que John s’en sort. Qu’il ait une belle vie. Et puis, plus l’histoire se déroule, plus on le voit recevoir des coups et avoir une vie dure et c’est vers la fin où la il parle ouvertement à la foule et qu.il dit qu’il est lui aussi un être humain qu’on est heureux qu’il se soit affirmé. On peut voir que la technique de l’imprégnation/détonation fonctionne bien. Elle donne aux spectateurs ce qu’ils veulent.

Tout comme Chloé je crois que, oui l’homme est curieux et que oui nous aussi nous embarquons dans l’histoire comme ceux qui ont payé pour aller voir l’homme éléphant à la foire. Cependant, il reste que pas mal tous les films doivent provoquer un intérêt envers le spectateur, sinon personne n’en ferait. Tout de même le film fait réaliser que l’homme peut être injuste et méchant. ( 281 mot)

Nellie a dit…

Je crois bien que oui, ce film nie le mythe du populisme car il présente le peuple comme des gens sans égard et avare. Ce peuple est caractérisé par Bytes le ''propriétaire'' de John ainsi que le travailleur. Tous deux essayent de s'enrichir grâce à la laideur de John. La haute est caractérisée par les intellectuels et les gens cultivés tels que la dame de théâtre, Dr. Treves le médecin et Mr. Carr Gomm, le directeur de l'hôpital. Ces trois personnages ont de l'égard envers John, contrairement au peuple.

Michaël a dit…

Oui, je suis d’accord avec le fait que Elephant Man est éthique. C’est un film qui dénonce dans un sens la discrimination que l’on retrouve un peu partout dans notre société. Pourquoi est-ce que John se retrouve dans une foire? Parce qu’il a l’allure d’un éléphant. Pourquoi est-ce que le monde crie quand il l’aperçoit? Parce qu’il est affreux et qu’il fait peur. Pourquoi fuit-il les gens de la gare de train? Parce qu’il a peur d’eux et de leur jugement. Pourquoi le Docteur Treves se lie d’amitié avec John? Parce qu’il est capable de faire abstraction du physique pour l’être magnifique qui se trouve à l’intérieur. Le film teste les spectateurs aussi. On nous montre tard le visage de John. On sait qu’il est présent dans la scène ou on aperçoit son ombre, mais Lynch veut garder l’intrigue. Peu à peu, il nous dévoile l’homme éléphant. On ressent un mélange de curiosité, d’empathie et de tristesse face à cet être humain victime de la vie. Le physique de John choque énormément, mais peu à peu, les spectateurs apprennent à le connaître. Plus le film avance, plus on l’apprécie et on voudrait tous le guérir pour qu’il arrête de souffrir du mal des autres.

On peut peut-être dire que notre société est avancée au niveau technologique, mais au niveau intellectuel il y en a plusieurs qui sont encore loin en arrière. Pourquoi est-ce si dur d’accepter son prochain parce qu’il est noir, handicapé, homosexuel ou physiquement laid? Pourtant nous sommes tous des êtres humains. Du film, on observe que le peuple n’est pas bon partout. Les personnages comme Bytes ou le gardien pour qui l’argent est une valeur plus importante que le respect reflètent le problème de l’exploitation. C’est dommage que les gens égoïstes de la sorte ne soient pas emmenés dans les foires ou dénigrés de la société.

Bref le film fait le point sur ce que nous sommes, nous les humains.

Stéphane Lessard a dit…

The Elephant Man a été bien sûre réalisé de façon à présenter à la fois le bon et le mauvais côté de l’homme. Car je dois avouer que le fait qu’il ne montre pas l’homme au début me frustrait, mais d’un autre côté je trouvais normal de ne pas vouloir montrer un homme trop laid tout suite, car je crois que le spectateur ne serait pas attaché à tout suite au personnage. Ce qui selon moi démontre que le réalisateur à point de vue sur la société qui lui a précédé et dans celle qu’il vit. Il dénonce ainsi le fait que dans la société on juge parfois le monde trop rapidement, chose que j’ai vu couramment dans ma vie.

Bien que je déteste les théories de Freud : le réalisateur David Lynch a su bien intégré le volet de la peur de la théorie. Car c’est cette théorie qui est développé dans le film. Où le moi personnelle de chaque personne refuse de voir et va même jusque refuser de croire se qu.il voit. Car la théorie veut qu’on expose le moi sur les autres et qu’on réagit par la peur ou par le dégout face à quelques choses qu’on ne veut pas voir ou croire arriver à nous même. Mais une fois cette étape passé l’homme pourra voir le moi des autres personnes et voir qui ils sont vraiment. Mais certaines personnes échappent à la peur comme c’est le cas du Dr. qui lui à la place d’avoir peur il ressent lui aussi la douleur des autres. Ce Freud appelle la compassion face à une bête blessée. (270 mots)

David Laliberté a dit…

Sincèrement, je ne sais pas si je peux considérer ce film éthique. Comme Chloé l’a si bien dit, juste le simple fait de publier un film qui incite l’homme à percevoir cet homme comme une bête de foire accentue l’image qu’on a face à la difformité de la nature.

Mais d’un autre côté, il est préférable que les gens le voient ainsi par l’entremise d’un film avec une fin heureuse plutôt qu’en posséder que de vastes descriptions péjoratifs et de jugements populaires. Ah, douce convention américaine de l’happy end! En plus, comme nous le savons bien, l’humain oubli assez rapidement ce qui n’a plus de mystères à ses yeux. Alors, de ce plan de vue, c’est éthiquement bon si nous considérons ce film comme un acte de rassasiement.

Bref, il est clair qu’Elephant Man évoque une certaine humanité par les valeurs véhiculées, mais il n’est pas exacte de dire que cette création cinématographique partage avec tout le monde une preuve de bonne foi. Ceci représente davantage un autre moyen de divertissement à l’insu de minorité de la population. Reste maintenant à trouver à nos réalisateurs futurs un sujet qui plaira à tous, si jamais ça l’existe… (196 mots)

Michel Arsenault a dit…

Ouais, bien dit David...

Michaël a dit…

Le commentaire de Chloé est brillant. Dans ce sens, nous, les spectateurs sommes voyeurs. Mais en même temps, c'est un bon moyen pour dénoncer les travers de la société. Il aurait pu faire un documentaire, mais son domaine c'est la fiction. Si une oeuvre n'est pas vue ou écoutée son message ne passera pas.