Bonsoir. Polanski est, à l’habitude, un monteur classique. Il fait un montage invisible, transparent et bourgeois.
Dans le film, Le pianiste, on a eu droit à un montage de type classique. Le peu de surimpression contenu dans ce long métrage était dans le menu DVD. J’ai remarqué, au tout début, que Roman a utilisé un peu de montage interdit notamment lorsque, pour la première fois, on voit le protagoniste jouer du piano : c’était vraiment lui qui jouait. Cependant, lorsque le personnage principal joue de façon rapide, plus loin, on oublie ce type de montage. La plupart du film était bourgeois dans la technique et le montage puisque tout était très fluide et découlait bien. Toutefois, la scène du début en noir et blanc, lorsqu’on voit du monde filmer d’autre monde, n’est pas bourgeoise.
Tout au long de l’œuvre, le champ contre champ a été sur utilisé au profit d’un montage fluide. Les plans étaient, à la fois courts et efficaces, mais aussi moyens, avec une certaine rapidité dans l’image. On a aussi pu voir, tout au long du film, que la plupart des ellipses étaient de rapides fondus au noirs ou bien de simples changements de scènes avec une petite spécification temporelle dans le bas de l’image. À un moment, on a aussi entendu un bruit off-champ pour faire une ellipse de près d’un ans, c’était des coups de feu, je crois. Plusieurs ‘reaction shot’ sont présentes dans le film. Par exemple, lorsque les allemands lancent un vieillard par la fenêtre d’un immeuble, on voit les gens réagirent de l’autre côté de la rue, ou bien lorsque le personnage principal joue du piano pour un officier vers la fin. À cet endroit, il y a aussi un jeu de champ contre champ.
Pour conclure, l’œuvre de Roman Polanski, Le pianiste, a été monté continu, avec ellipses, mais sans retour en arrière ou en avant.
Martin Jr Pelletier
mardi 28 avril 2009
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2 commentaires:
C'est là une belle présentation du montage et des moyens utilisés pour le rendre invisible. Je rajouterais aussi, tout de même, l'utilisation fréquente des sons, ou de la musique, pour annoncer un prochain plan, en préparer l'arrivée afin que le tout se fasse en douceur, et ultimement, de façon invisible, malgré le changement parfois brutal de temps, d'endroit, de moment dans la journée...
Je crois que Polanski, qui a toujours été associé au cinéma bourgeois, brise ses tendances dans Le pianiste. Ayant vu d’autres de ses films, tels que Chinatown et Frantic, deux films policiers et eux-mêmes plutôt différents, je peux dire que ce n’est pas du tout de la même trempe. Évidemment, le sujet du film aide à le rendre beaucoup moins bourgeois : l’holocauste étant le sujet principal du film, il est difficile de rendre le tout « divertissant ». Il est certain que, dans un certain sens, ça reste assez bourgeois, car on donne une expérience au spectateur : une expérience d’identification. C’est selon moi le but principal du cinéma bourgeois, soit de faire en sorte que le spectateur ressent ce que le personnage ressent, et faire en sorte qu’on a l’impression de faire partie de l’histoire. Pourtant, le montage de Polanski dans Le pianiste lui donne un aspect moins bourgeois que le montage de Chinatown, par exemple.
http://www.youtube.com/watch?v=ON6UWUN9Peo (Chinatown)
http://www.youtube.com/watch?v=iHyIzlC09x4 (The Pianist)
Regardez les cadrages, les angles de prise de vue, la composition visuelle, la façon dont on filme les dialogues. On voit que Le pianiste n’est pas aussi bourgeois que Chinatown.
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